Non, pas sur la bouche, même si c'est louche puisque ma langue a le goût de ta vertu, de ton honneur perdu. Non, pas sur les lèvres, même si j'en rêve, même si je tremble. Et bien que mon coeur soit nu, mon âme est revêtue de pudeur et d'impudence, sans te faire offense, mieux ne veut pas tenter sa chance : rien ne dure au-dessus de la ceinture. Non, pas sur la bouche, même sous la douche, même si c'est dur. Je te mordrai, c'est promis, tous les coups sont permis. Non, pas sur les lèvres, même pas en rêve à sang pour sûr ou tu mangera ton pain gris, mon coeur est endurci. Ne tire pas sur l'ambulance, garde la potence, plus rien n'a plus d'importance : rien ne dure au-dessus de la ceinture. Non, pas sur la bouche, je sais, je touche le fond du lac. Le temps des cerises est mort, le diable est dans le corps. Non, pas sur les lèvres, non c'est pas mièvre, c'est pas le trac. Mais je préfère me donner crue, sans revers, ni refus. Rendons-nous à l'évidence : tout est cuit d'avance, rien ne dure au-dessus de la ceinture. Non, pas sur la bouche, je sais, c'est louche puisque ma peau a l'odeur de ton odeur et au-dehors il fait chaud. Non, pas sur les lèvres, jamais de trêve et pas d'assaut. Le bonheur est dans la pente, entre le sol et le ventre. Entre l'oubli et l'oubli, bel oiseau du paradis joue plutôt jeux interdits. Rien ne dure au-dessus de la ceinture...