Cher Monsieur le Proviseur, (Daniel pour les intimes, dont je fais partie),
Je vous écris pour vous mettre au courant de l'esprit anarchique qui anime la pire classe que je n'aie jamais eue, celle de terminale 8, qui devient chaque jour, une menace des plus grandissante pour notre lycée. Non contents du fait que je les libère chaque vendredi à 16h35 au lieu de 17h, les élèves se livrent chaque semaine à une révolte chaque fois plus violente, que je qualifierais même de semblable à celle qui frappa la France le 14 juillet 1789 (j'y étais et peux donc en témoigner). En ce qui concerne les faits présents, ils ont, aujourd'hui même scandé des hymnes révolutionnaires, tapant des pieds et des mains, tels les hooligans dans les stades des banlieues les plus mal famées. Leur chef de file semble être Mikael C., et ce dernier, dans un souffle final de rébellion m'a dévisagé en quittant les lieux en me crachant à la tête un «on va cramer ton lycée, salope!».
Par miracle, mon ami et professeur, Bernard B.était présent sur les lieux et est venu à ma rencontre en fin d'heure. Je n'avais pu quitter ma salle puisque les cordons de mes chaussures avaient été lassés ensemble, m'immobilisant par la même sur ma chaise.
Je vous prie à présent de bien vouloir me démobiliser de ma fonction de professeur de philosophie, et de me laisser réfléchir en paix, quoique je ne sois même pas sûr d'y arriver, entant donné la puissance des cris de ces élèves et la proximité de mon domicile avec le lycée.
Veuillez recevoir toutes mes plaintes avec justice, ainsi que mes salutations distinguées.
M. Philippe H.